jeudi 5 avril 2018

Féminisme : ces 10 combats qui prouvent que rien n'est acquis

Bonjour à toutes,


Nous vivons une drôle d'époque, comme disait l'autre. Une époque où les femmes n'ont jamais eu autant d'acquis sociaux, mais où la violence et les agressions sexistes (ou pas d'ailleurs) n'ont jamais été aussi répandues. Pas militante ni parfaitement au courant de tous les enjeux du féminisme, j'avais tout de même envie de rédiger un article plus engagé, plus "moi".

Aujourd'hui, je suis fière de le dire au monde : je suis féministe. Et pourtant, quand ces mots sortent de ma bouche, j'ai souvent trois types de réactions :
- pfff, moi je suis pas féministe, je suis humaniste.
- pfff, tu nous soûles avec ton écriture inclusive.
- pfff, vous avez déjà le droit de vote.

Premièrement, humanisme et féminisme, c'est la même chose. Mais comme me l'a dit récemment une personne, le terme "femme" est important : il faut se rappeler qui a mené cette lutte en premier, et qui en seront les bénéficiaires.
Deuxièmement, je n'utilise pas l'écriture inclusive, hormis pour le travail (quand on est dans l'associatif, ça reste bien vu): je préfère de loin encourager un changement des méthodes d'enseignement du français qu'un changement du français en lui-même. Mais que l'on soit pour ou contre, l'écriture épicène s'inscrit dans une logique d'inclusion de tous les genres et ne fait de mal à personne.
Troisièmement... Ta gueule.


Allez, c'est parti.
(Petite précision : les 10 combats que je vais citer sont à la fois globaux, c'est à dire qu'ils concernent le monde entier sans distinction de religion, origine ethnique, frontière... et plus "locaux")

1/ La violence conjugale

225,000 femmes âgées de 18 à 75 ans en moyenne seront victimes de violences conjugales, et ce CHAQUE ANNEE. L'homme gentleman n'est pas un mythe : fort heureusement, beaucoup d'hommes sont des agneaux. Mais nier qu'il existe des loups ou des crocodiles n'améliorera pas la situation des victimes. Il faut agir, et vite (et même mener, si je puis me le permettre, des actions "coups de poing")

2/ Les inégalités professionnelles

On les cite en exemple lorsqu'on tente d'expliquer notre combat à un misogyne... (peine perdue, avec un con, il faut laisser tomber). Les inégalités professionnelles sont bien réelles. Entre autres, les salaires plus bas pour les femmes (facilités par un intitulé de poste différent par exemple), les promotions et hausses de salaires plus volontiers attribuées aux hommes, la discrimination due à l'âge (les femmes en âge de devenir mamans étant moins souvent embauchées que les hommes), le congé maternité, le port de talons imposé dans certaines branches, le maquillage / la coiffure codifiés, le harcèlement sexuel...

3/ Les agressions sexuelles

Et les viols. Si l'on en parle de plus en plus, avec notamment le #MeToo et #Balancetonporc qui visaient à témoigner contre le harcèlement de rue, harcèlement sexuel et les agressions de façon générale, on n'encourage toujours pas les victimes à aller au bout des démarches judiciaires. Seules 8% des victimes de viol portent plainte et parmi ces 8%, beaucoup ne vont pas au bout de la procédure et voient leur plainte classée sans suite. Le harcèlement de rue, dont j'avais déjà parlé précédemment dans un article, est quasi systématiquement banalisé. Nos politiciens croulent sous les accusations de viols. Le viol est également, dans nombre de pays, une arme de guerre...


4/ La culture du viol

Près d'un quart des français estime que la tenue d'une femme peut justifier qu'elle se fasse ou non agresser. De vieilles chansons, comme Sous les jupes des filles d'Alain Souchon, peuvent donner l'impression qu'il est normal de briser l'intimité d'une petite fille lorsqu'on est un petit garçon. La pop culture banalise, consciemment ou non, le viol à travers des scènes d'abus sexuels "sexy" et de baisers volés (James Bond en tête). Les femmes se font constamment juger, rabaisser, en fonction de ce qu'elles portent, de leur vie sexuelle, de leur maquillage (slut ou prude-shaming). On parle, encore aujourd'hui, de "devoir conjugal"... Je vous encourage à lire ce très bon article d'une Madmoizelle, qui résume ce qu'est la culture du viol et les problématiques qu'elle pose.

5/ La charge mentale et la répartition des tâches

Très bien illustrée par Emma avec les strip "Fallait demander", la charge mentale dans le couple est effectivement souvent bien supérieure chez la femme. Charge mentale d'ailleurs encouragée par les inégalités liées au congé maternité / congé paternité (j'ai un peu l'impression de galérer à parler français là, toutes mes excuses) comme cette vidéo l'explique très bien. Les femmes qui aujourd'hui travaillent doivent, pour la plupart, tout de même gérer les principales tâches liées aux enfants / à l'entretien de la maison le soir. L'homme n'est plus le seul à ramener de l'argent à la maison, mais dans beaucoup de foyers, cela ne change rien à la répartition des tâches.

6/ Les mariages forcés

Pas la peine d'écrire un roman sur ce thème, mais précisons tout de même que cela ne se produit pas que chez les autres ! En France, également... Voilà une expérience intéressante menée aux Etats-Unis pour tester les réactions des passants face au mariage d'une enfant, je vous laisse regarder la vidéo :-)

7/Les inégalités sexuelles

Qui incluent la perception de la femme qui diffère en fonction de l'intensité de sa vie sexuelle (assumée ou présumée d'ailleurs), la manière dont est perçu le porno et ce qu'il représente en terme d'image pour la femme, les travailleuses du sexe (prostitution choisie ou imposée, pornographie, escort, etc.). Il existe des divisions au sein du féminisme, mais c'est un thème qui doit véritablement être réfléchi. Voilà la vidéo d'une actrice porno expliquant son parcours et le harcèlement dont elle a été victime.

8/ Les inégalités religieuses

Là encore, il existe des divisions au sein même du féminisme, entre celles et ceux qui prônent un féminisme ouvert aux différents courants, qui s'adapte aux différents besoins de chacun (intersectionnel), et les féministes universalistes, beaucoup plus attachées à la laïcité et à une vision plus globale de la lutte. Je vais ici parler des inégalités religieuses de façon générale, dans les trois grandes religions monothéistes. Les religions doivent, à mes yeux, s'adapter à la société (et pas l'inverse !), elles doivent évoluer, mettre  hommes et femmes sur un pied d'égalité notamment en leur permettant d'exercer leur foi "professionnellement" ou en luttant contre les violences sexistes et sexuelles, etc. Voilà une superbe interview d'un curé à ce sujet ! Ce qui ne justifie en rien, selon moi, que des groupuscules féministes comme les Femen s'attaquent à des lieux saints et bafouent la liberté de culte.


9/ Le sexisme ordinaire

Vaste question que le sexisme ordinaire, mais sans entrer dans les détails des différenciations de genre et bla, bla, bla, parce-qu'il est 2h37 et que je commence sérieusement à fatiguer... Nombre de choses m'agacent et, mises bout à bout, font de la France un pays encore profondément machiste : les coupes des vêtements différentes entre femmes et hommes et pire, entre filles et garçons (vêtements moulants, shorts plus courts, etc.), les "jouets pour filles" et les "jouets pour garçons" et les messages différents qu'ils véhiculent, les métiers vus comme "masculins", l'hypersexualisation des jeunes filles, les tables à langer uniquement présentes dans les WC de femmes, la pression liée au corps "idéal" de la femme (pression souvent véhiculée par les femmes elle-même !), l'idée qu'une femme ne peut s'accomplir qu'en devenant mère, certains scandales récents (lycée de Saint-Cyr), etc.

10/ La remise en question de nos acquis !

Certains partis français, comme Civitas, militent déjà contre l'avortement, pour le retour au foyer de la femme, contre le mariage gay ou la contraception... Une multitude de pays limitent et conditionnent encore aujourd'hui les avortements... Pays parmi lesquels la Pologne et l'Irlande. Il y a peu, la France remettait en question l'âge de la majorité sexuelle de façon détournée... Les commissariats culpabilisent les victimes de viols et classent les plaintes sans suite... Tout cela me fait penser que ce que nous avons acquis pourrait nous être retiré. La lutte doit continuer pour nos grands-mères, qui ont combattu pour nos droits, pour nous, et pour nos filles, qui ne doivent pas connaître le sexisme...

***

On pourrait en citer des dizaines, des centaines d'autres... Parité, accès à certaines branches, excision en Afrique de l'Ouest... Mais voilà, à mes yeux, les plus "notables".

Le combat n'est pas terminé.

PS : si vous voulez agir à votre échelle, rejoignez le Groupe F ! Un défi par jour dans sa boîte mail, pour lutter contre les inégalités femmes-hommes et les violences sexistes.

PPS : pour rappel, on peut être féministe et galant, féministe et respecter les hommes, féministe et féminine, féministe et drôle, féministe pas chiante, féministe non militante, féministe et homme.
#MeToo

mardi 12 décembre 2017

Rétrospective 2017 + résolutions

Bonjour à toutes,


2018 approche à grands pas... 
Après des mois sans rien écrire, une perte de motivation totale malgré de nombreuses idées d'articles, j'avais envie de faire une rétrospective 2017 histoire de terminer l'année dignement et accessoirement, de donner quelques nouvelles. 


Cette année, j'ai accompli un certain nombre de choses dont je suis très fière

En mai, j'ai eu ma licence d'anglais. Ce n'était pas gagné : je m'ennuyais terriblement dans ma filière, je ne m'épanouissais pas en restant assise à une table, je voulais de l'action, de l'aventure. Avoir obtenu ma licence (même avec la mention "passable") c'est une grande victoire pour moi, et ça me permet de continuer dans mon projet professionnel sans "perdre une année".

En juin, j'ai été recrutée dans le service civique de mes rêves, que j'ai commencé en septembre. Je me lève tous les jours le sourire aux lèvres, je m'éclate dans ce que je fais, je rencontre des gens tous plus intéressants les uns que les autres, je me balade entre Rouen et Paris... J'ai obtenu de la part de certains de mes "collègues" de toute la France plus de soutien que je ne l'aurais cru possible, à des moments difficiles de ma vie, et il semble que le travail que je fournis soit reconnu. ça fait du bien, tellement de bien... Ce nouveau job, c'est aussi l'une des raisons qui explique mon absence : je veux faire les choses bien, ou ne pas les faire du tout.

Tout l'été, j'ai également trouvé un job très sympa, qui m'a permis de rencontrer des collègues adorables et de boire des smoothies gratuits toute la sainte journée, que demande le peuple ? :-) 

J'ai également repris l'écriture, en particulier entre mai et septembre, et j'envisage plus sérieusement mon nouveau projet de roman (qui reprend en réalité un ancien projet commencé en 2013). J'aime ce que j'ai fait pour le moment, et je souhaite de tout coeur parvenir à le terminer. Je me suis également remise à la poésie, et j'ai retrouvé, de façon générale, l'inspiration.


Les coups durs

Malheureusement, chaque année apporte son lot de coups durs et je n'ai pas été épargnée. Le plus terrible a été la perte de ma grand-mère, en septembre, à l'âge de quatre-vingt treize ans. Elle était un modèle pour moi, et la perdre m'a déchiré le coeur. Elle est partie en paix, sans douleur, dignement, et pourtant son départ me laisse une impression d'inachevé. Je n'en suis pas encore complètement remise (impossible en si peu de temps), je pense à elle constamment, mais le poids de son absence est plus facile à supporter de jour en jour. 

J'ai également été trahie par une personne qui m'était très proche. Cette histoire a entaché une partie de mon année, mais je suis allée de l'avant, et j'ai rencontré d'autres personnes plus intéressantes, que ce soit dans ma filière, dans mon service civique ou au gré des - très, trop? - nombreuses soirées de cette année.

J'ai perdu une amie que j'aimais plus que tout. Sa dépression nous a séparées : elle n'était plus là pour moi, rejetait mes appels à l'aide, mais également mes tentatives de revenir vers elle pour prendre des nouvelles, parce-qu'elle avait elle-même besoin de temps pour se reconstruire. J'espère que cette perte n'est pas définitive, mais pour l'instant, il semble nous prenions des chemins opposés.

Pour finir sur les mauvaises notes, on m'a brisé le coeur. Mais aujourd'hui, je peux dire que je ne ressens plus rien pour la personne concernée, mieux encore, que je la plains... Je ne me suis jamais sentie aussi libre, sentimentalement parlant, et j'envisage l'avenir plus sereinement.


Les trucs plutôt cool

Parce-qu'il y en a eu. Cette année, je me suis refait tatouer (sur un énorme coup de tête je dois dire !), et j'ai un nouveau projet de tatouage pour début 2018 (enfin, plusieurs...) Je suis allée au Mondial du tatouage avec des potes. J'ai également d'autres projets un peu fous (de piercings notamment), j'ai envie d'oser, d'innover, je n'ai plus peur du regard des autres comme avant...

J'ai rencontré des personnes formidables, de toute la France et même d'ailleurs, qui m'apportent toutes quelque-chose de positif. J'ai trouvé un nouveau challenge (qui risque de se solder par un échec, mais qu'importe !). Je n'ai jamais eu autant d'incertitudes quant à l'avenir et pourtant, je suis confiante : je n'ai plus peur du temps qui passe. Je vibre à nouveau.

J'ai découvert le monde associatif, et ça a été une révélation. Je commence à vraiment envisager de travailler quelques années dans l'économie sociale et solidaire après mon diplôme, et j'ai d'ors et déjà envoyé ma candidature pour être bénévole dans une association de solidarité locale pendant mes vacances.

J'ai pris conscience que je pouvais plaire, et de fait, je me sens mieux dans ma peau. J'ai accepté de croire que le reflet que je voyais tous les jours dans le miroir n'était pas celui que les autres percevaient. Et même s'il est impossible de se détacher de tous ses complexes, c'est déjà une belle avancée que de reconnaître que ces derniers ne viennent que de nous.

J'ai également fait un très joli voyage en famille en Catalogne, plus précisément à Tarragone, j'ai vu des choses magnifiques, des paysages magnifiques, j'ai rempli mes yeux de beauté tout au long de l'année. C'est cliché, mais tellement vrai...


Et la suite ?

  • En 2018, je veux continuer sur ma lancée, ne pas m'arrêter, tout déchirer ! :-)
  • Je veux voyager, plus précisément découvrir la Galice et Saint-Jacques de Compostelle (mon histoire d'amour avec l'Espagne n'a pas de fin)
  • A la fin de mon service civique, je veux faire un tour de France des villes pour revoir les copains : en particulier Tours, Rennes, Lille, Pau, Poitiers, Clermont-Ferrand, Paris, Nancy...
  • Je veux avancer dans l'écriture de mon roman. Je veux qu'il soit beau, qu'il plaise, et surtout qu'il ait une utilité.
  • Je veux être reçue à l'institut de l'Engagement afin de bénéficier d'une aide pour une reprise d'études.
  • Je veux faire un score de malade au TOEFL ! 
  • Je veux être reçue dans un master journalisme, si possible à Sciences Po Paris !
  • Je veux aller à un maximum de concerts. J'ai déjà prévu Dagoba, peut-être Machine Head et Caballero & Jeanjass (oui oui, c'est différent ^^) 
  • Je veux reprendre le piano.
  • Je veux arrêter de regarder en arrière et me tourner vers l'aveniiiiir ! Fini de regretter les fantômes, d'attendre des nouvelles de personnes qui n'en donnent pas.
  • Je veux continuer de rencontrer des gens, donner le meilleur de moi-même, être la meilleure personne possible.

Et vous, si vous deviez résumer votre année en quelques mots, vous diriez quoi? Et quels sont vos projets pour 2018 ?

A bientôt,

mercredi 13 septembre 2017

Il y a celles qui mangent leurs émotions, et celles qui ne mangent rien du tout

Bonjour à tou.s.te.s ! 

(je m'essaie à l'écriture inclusive alleeeez ! XD)

Pfiou... des mois d'absence, des mois à m'être complètement détachée de la blogosphère, pour mener à bien d'autres projets, mais aussi parce-que j'avais besoin d'espace.
L'envie de revenir me titille de plus en plus. Je vais donc aborder aujourd'hui le sujet de l'acceptation de soi, et surtout les diktats de la minceur, à travers ma propre expérience. Pardon si l'article n'est pas magnifiquement écrit mais il est minuit et le sommeil commence à venir :-)

Je vais donc parler de troubles alimentaires, mais pas que. Je n'ai pas personnellement connu l'anorexie et préfère ne pas donner de conseils à des personnes en souffrance.

Quand j'avais 14 ans, j'étais un peu "ronde" (59 kg pour 1m65 quel drame !), mais je n'ai jamais atteint le stade tant redouté du "surpoids". Pourtant, quand je me regardais dans la glace, je me dégoûtais. Je n'arrivais par ailleurs pas à m'empêcher de "m'empiffrer". Ma relation à la nourriture a toujours été compliquée : petite, mes parents riaient en me voyant me servir. J'avais les yeux plus gros que le ventre, je faisais des réserves, j'avais peur de manquer. Cette attitude face à la nourriture a duré, et à quatorze ans, lasse de me sentir coupable à chaque fois que je mangeais un peu trop et que je me sentais "pleine", j'ai commencé à me faire vomir.
La première fois m'a paru tellement simple... C'était désagréable sur le coup, mais cela me donnait une sensation de contrôle, remettait les compteurs à zéro, je me sentais bien.
J'ai recommencé pendant quelques semaines, ou quelques mois (impossible de le dire). Presque tous les jours. De temps en temps, je le faisais pour soulager mon anxiété. ça fonctionnait... Pour un temps seulement. Je n'ai même pas perdu de poids à cette période.

Quand j'ai eu 16 ans, j'ai commencé à moins manger à la suite d'une période de stress (voir l'article sur la question) et j'ai perdu 5 kg. Je me suis stabilisée à 54-55 kg pendant quelques mois, et n'ai pas recommencé à vomir.

A 18 ans, cependant, et sans aucun signe avant coureur, tout a recommencé. A l'époque, ma meilleure amie (que je ne fréquente plus aujourd'hui) et moi étions éternellement "en compétition". A qui aurait les meilleures notes, à qui séduirait untel la première... A qui perdrait le plus de poids. J'ignore qui a réellement instauré cette compétition, mais si l'une faisait quelque-chose, l'autre se sentait obligée de surpasser la première, en tout cas c'est ce que je ressentais. Donc quand nous avons commencé à aller à la piscine ensemble, toutes les semaines, et à "faire un régime", je voulais absolument atteindre un certain objectif de poids pour "faire mieux qu'elle" (complètement stupide : 49 kg pour 1m69 !)

Bref, j'ai commencé à jeter les 2/3 de mes salades de pâtes du midi (désolée maman), je ne mangeais plus qu'un ou deux repas par jour et hypocalorique, et forcément la perte de poids a été assez significative : au plus bas, 52,5 kg pour 1m69. Ci-dessous je devais être à 53 :


Je ne suis pas forcément extrêmement maigre sur la photo, mais dans les faits, je commençais à - par rapport à ma morphologie - devenir "trop mince" avec un IMC à 18 et le pire, c'est que je me trouvais obèse. Heureusement, ma mère m'a dit "stop" alors que je semblais commencer doucement à me diriger vers le chemin de l'anorexie sans m'en rendre compte. Des membres de ma famille m'ont dit d'arrêter de perdre du poids, ma mère s'est mise à contrôler ce que je mangeais, et j'ai repris quelques kilogrammes.

Tout récemment, je faisais 60,5 kg pour 1m69 et j'ai voulu recommencer à maigrir un peu. Je ne sais même plus comment, ni pourquoi - sûrement du stress, à la suite d'une période de déprime en début d'année - mais j'ai recommencé à me faire vomir. J'avais des crises de boulimie incontrôlables : envie de manger tout et n'importe quoi, mains qui tremblent, énervement contre quiconque oserait m'empêcher de m'empiffrer... Je suis allée jusqu'à insulter ma famille dès lors qu'elle osait la moindre remarque du style "fais attention, tu manges trop". A la suite de problèmes de coeur vers mai-juin, ces crises et ces vomissements à répétition devenaient pour moi une manière de me purger, d'effacer la peine que je ressentais.

Aujourd'hui, je fais 55 kg et je crois que j'ai - tout juste - commencé à comprendre ce qui n'allait pas.


ça, c'était pour la partie "racontage de vie". J'ai compris, seulement récemment, l'impact des médias sur notre image. Mais aussi l'impact des - trop nombreuses - vidéos de bouffe, la plupart du temps bien grasse, qui pullulent sur les réseaux sociaux. J'ai compris qu'avoir un peu de ventre, c'était normal. Parce-qu'on est pas juste de la peau à l'extérieur : à l'intérieur, on a des organes, des os, bref tout ce qui fait qu'un corps fonctionne. Parce-que faire une taille 32 ce n'est pas - toujours - sain. Et que chacun a un "poids de forme" et un métabolisme qui lui est propre : aller à l'encontre de ce qui représente pour NOUS-MÊME et uniquement pour nous NOTRE normalité, ça ce n'est pas sain.

Ma normalité à moi ce n'est pas de faire 52 kg ou moins : c'est d'en faire entre 55 et 58, de manger du fromage une fois par jour, de ne pas faire de sport parce-que "la flemme", de me coucher à 2h et de me lever à midi. Et je suis heureuse comme ça, plus heureuse que je ne l'ai été depuis longtemps... Je ne veux plus perdre, je ne veux plus compter les calories, remettre le doigt au fond de ma gorge et me faire mal, ressentir le goût de la bile et celui de la honte après avoir vomi.

Ces derniers mois, j'ai recommencé à m'alimenter correctement : j'ai commencé par me désabonner des pages type Tasty, Tasty Miam, Proper Tasty et compagnie, puis des comptes foodporn et fitness sur Instagram. J'ai commencé à boire beaucoup d'eau (un peu trop *wink à quelqu'un qui se reconnaîtra*). J'ai commencé à manger plus varié, à cuisiner à nouveau, et ce sans jamais me priver. Parce-que si j'ai envie d'un kebab, je mange un kebab. Merde.

Certains disent que suivre des comptes fitness, des comptes de filles "parfaites", etc. c'est "motivant". Moi, ça m'a poussée au fond du gouffre, et je n'ai pu m'en relever qu'en reconsidérant ce qui était la "normalité", en m'éloignant des réseaux sociaux pendant quelques temps ou du moins de certains comptes, et en arrêtant de faire la chasse aux calories. J'ai pour cela pu bénéficier de l'aide de quelqu'un, une psychologue, et je me remercie d'avoir fait ce geste. 

Je voulais, à travers cet article, mettre l'accent sur le lien entre boulimie / addiction alimentaire et réseaux sociaux. J'ai moins de crises depuis que je me suis éloignée de ces comptes "toxiques". J'ai encore des fringales, évidemment, des moments où ça ne va pas du tout parce-que je n'ai pas ma "dose" de nourriture, mais ça reste gérable.

N'hésitez pas à me faire part de vos expériences. Avez-vous connu un trouble alimentaire ? Comment vous en êtes vous sorti.e.s? Avez-vous remarqué un lien entre les images que vous voyez sur les réseaux sociaux et votre manière de vous alimenter ?

A très bientôt (enfin... si j'arrive à me discipliner)